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    3 min pour comprendre

    Les procédures pour entreprises en difficulté

    Lorsqu’une entreprise rencontre des difficultés, diverses procédures prévues par la loi peuvent être mises en œuvre. Certaines favorisent la négociation et la recherche d’une solution amiable, tandis que d’autres instaurent un cadre judiciaire collectif qui s’impose à l’entreprise et à ses créanciers. Comment les distinguer ? Quelles conséquences ont-elles sur l’emploi et les droits des salariés ? Qui garantit les salaires lorsque l’employeur ne peut plus les payer ? On vous explique l’essentiel !

    Publié le 18. 09. 26

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    Qu’entend-on par “entreprises en difficulté” ?

    Une entreprise est dite en difficulté lorsqu’elle rencontre des problèmes susceptibles de fragiliser son activité, sa trésorerie ou sa capacité à respecter ses engagements. 


    Ces difficultés peuvent être économiques (baisse des commandes, hausse du coût des matières premières…), financières (manque de trésorerie, retards dans le paiement des fournisseurs…), mais aussi juridiques (procès en cours, perte d’une autorisation nécessaire à l’activité…) ou sociales (conflit collectif, absentéisme…). 


    Toutes n’ont pas le même degré de gravité. Certaines constituent de simples signaux d’alerte et peuvent être surmontées. D’autres peuvent s’aggraver au point de menacer la poursuite de l’activité.


    À savoir

    Un seuil est franchi lorsque l’entreprise ne peut plus régler ses dettes arrivées à échéance avec les fonds et les biens immédiatement disponibles : elle est alors en cessation des paiements

    Quelles sont les procédures amiables ?

    Tant qu’elle n’est pas en cessation des paiements, l’entreprise peut demander au tribunal compétent un mandat ad hoc ou une conciliation, afin de prévenir les difficultés ou de les traiter dès leur apparition.


    • Le mandat ad hoc permet au chef d’entreprise d’être assisté par un tiers sans perdre son pouvoir de direction. Le cadre est souple et la mission du mandataire ad hoc est fixée au cas par cas (ex. : négocier avec les créanciers, résoudre un conflit entre associés…).
    • La conciliation vise plus précisément la conclusion d’un accord entre l’entreprise et ses principaux créanciers. Elle peut notamment permettre à l’entreprise d’obtenir des délais de paiement, un rééchelonnement ou une remise de dettes.

    Ces deux procédures sont amiables et confidentielles. Aucun accord ne peut être imposé aux différentes parties. Leur ouverture, à elle seule, n’oblige pas l’employeur à informer ou à consulter le comité social et économique (CSE).

    À savoir

    La conciliation reste possible si l’entreprise est en cessation des paiements depuis moins de 45 jours

    Quelles sont les procédures collectives ?

    Lorsque les difficultés sont plus importantes, l’entreprise peut être placée dans une procédure collective afin d’encadrer la poursuite ou l’arrêt de l’activité et le règlement des dettes.


    Il existe trois procédures collectives : 


    • la procédure de sauvegarde, pour l’entreprise qui rencontre des difficultés qu’elle ne peut pas surmonter mais qui n’est pas encore en cessation des paiements ;
    • le redressement judiciaire, pour l’entreprise en cessation des paiements mais dont la situation n’est pas définitivement compromise ;
    • la liquidation judiciaire, pour l’entreprise en cessation des paiements et dont le redressement est impossible.

    Attention !

    Contrairement aux procédures amiables, les procédures collectives ne reposent pas sur le seul accord des parties. Publiques et contraignantes, elles se déroulent sous le contrôle du tribunal et imposent des règles communes à l’entreprise comme à ses créanciers.

    Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, l’employeur doit obligatoirement informer et consulter le CSE avant de déposer une demande de redressement ou de liquidation judiciaire. Quelle que soit la procédure collective engagée, le CSE doit être consulté sur les décisions susceptibles d’impacter significativement l’emploi ou les conditions de travail, notamment en cas de projet de restructuration ou de licenciement économique.

    Quelles sont les conséquences de ces procédures pour l’entreprise et les salariés ?

    L’ouverture d’une procédure ne signifie pas nécessairement l’arrêt de l’activité ni la rupture des contrats de travail. 


    Le mandat ad hoc et la conciliation n’ont, en eux-mêmes, aucune incidence directe sur l’activité et les contrats de travail, même si les mesures négociées peuvent ensuite affecter l’organisation de l’entreprise ou l’emploi.


    La sauvegarde et le redressement visent prioritairement la poursuite de l’activité et le maintien de l’emploi. Des licenciements économiques restent néanmoins possibles.


    La liquidation judiciaire, pour sa part, entraîne généralement l’arrêt de l’activité et le licenciement économique des salariés. Certains contrats peuvent toutefois être transférés à un repreneur en cas de cession d’activité. 

    Conséquences pour l’entreprise Conséquences pour les salariés Finalité et suites possibles
    Mandat ad hoc
    L’activité se poursuit et le chef d’entreprise conserve ses pouvoirs. Le mandataire ad hoc désigné par le tribunal ne peut rien imposer aux parties. La procédure est confidentielle.
    Les contrats de travail se poursuivent normalement.
    Résolution amiable des difficultés dans le cadre d’une mission définie au cas par cas (négociation avec les créanciers, résolution d’un conflit…). En cas d’échec, possibilité de s’orienter vers une conciliation ou une procédure collective.
    Conciliation
    L’activité se poursuit et le chef d’entreprise conserve ses pouvoirs. La procédure est confidentielle. En cas d’accord homologué, son existence est rendue publique.
    Les contrats de travail se poursuivent. Les mesures négociées peuvent néanmoins affecter l’emploi.
    Conclusion d’un accord amiable entre l’entreprise et ses principaux créanciers. L’accord peut être constaté ou homologué par le tribunal. Il ne s’impose qu’aux parties signataires. En cas d’échec, possibilité de s’orienter vers une procédure collective.
    Sauvegarde
    L’activité se poursuit et l’employeur reste à la tête de l’entreprise. Le tribunal peut néanmoins ordonner, à la demande de l’employeur, l’arrêt d’une partie de l’activité. Le paiement des dettes antérieures est en principe gelé.
    Les contrats de travail se poursuivent. Des licenciements sont néanmoins possibles, selon la procédure habituelle du licenciement économique (en cas de poursuite d’activité) ou selon des règles spécifiques (en cas de cession partielle).
    Réorganisation de l’entreprise et adoption d’un plan de sauvegarde. Selon l’évolution de la situation, la procédure peut être convertie en redressement ou en liquidation judiciaire.
    Redressement judiciaire
    L’activité se poursuit et l’employeur reste en fonction, mais ses pouvoirs peuvent être limités par la mission confiée à l’administrateur judiciaire. Le tribunal peut ordonner l’arrêt d’une partie de l’activité. Le paiement des dettes antérieures est en principe gelé.
    Les contrats de travail se poursuivent. Des licenciements économiques peuvent toutefois être autorisés par le juge-commissaire ou prévus par le plan de redressement. Ils obéissent à une procédure spécifique (délais raccourcis, proposition du CSP aux salariés concernés, indemnités…).
    Poursuite de l’activité grâce à un plan de redressement ou à une cession. Une liquidation judiciaire peut être prononcée si le redressement devient impossible.
    Liquidation judiciaire
    En principe, l’activité s’arrête immédiatement. Le liquidateur judiciaire gère l’entreprise et organise la vente de ses biens. Le tribunal peut toutefois autoriser la poursuite provisoire de l’activité, notamment en cas de cession.
    Les salariés sont généralement licenciés, selon une procédure spécifique du licenciement économique (délais raccourcis, proposition du CSP aux salariés concernés, indemnités…). Certains contrats peuvent être transférés à un repreneur.
    Vente des biens de l’entreprise et, le cas échéant, cession totale ou partielle de l’activité à un repreneur. La procédure prend fin lorsque toutes les dettes ont été réglées ou, si l’actif est insuffisant, lorsque les opérations de liquidation sont terminées.

    À savoir

    Ces procédures peuvent s’articuler avec des dispositifs de crise permettant de réorganiser l’activité et les effectifs de l’entreprise et d’accompagner les salariés.

    Le paiement des salaires est-il garanti en cas de procédure collective ?

    Lorsqu’une procédure collective est ouverte et que l’entreprise ne dispose pas des fonds nécessaires pour payer ses salariés, le régime de garantie des salaires peut avancer tout ou partie des sommes dues.


    Géré par l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS), ce dispositif peut notamment couvrir les salaires, les primes, les indemnités de congés payés et les indemnités liées à la rupture du contrat de travail, dans les conditions et les limites prévues par la loi.

    Les fonds sont versés par l’AGS au mandataire judiciaire sur la base du relevé de créances salariales, puis reversés aux salariés.

    À qui s’adresser ?

    Les procédures collectives sont complexes et interviennent dans des contextes particulièrement anxiogènes pour le salarié. Celui-ci peut s’adresser aux élus du CSE ainsi qu’aux représentants syndicaux présents dans son entreprise afin d’être informé de ses droits à chaque étape.


    Il peut également se tourner vers le représentant des salariés spécifiquement désigné par le CSE au début de la procédure, à l’invitation du tribunal. Son rôle est d’accompagner les salariés, mais aussi de veiller au bon paiement des créances en cas de recours à l’AGS.


    Enfin, le salarié qui souhaite contester son licenciement ou réclamer le paiement des sommes qui lui sont dues peut saisir le conseil de prud’hommes, dans les délais prévus par la loi.

    En savoir plus

    Le fonctionnement de l’ensemble des procédures est détaillé dans notre dossier.

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