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    3 min pour comprendre

    Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE)

    Lorsqu’une entreprise envisage de licencier plusieurs salariés pour motif économique, elle peut être soumise, selon le volume de ses effectifs et le nombre de salariés concernés, à la mise en place obligatoire d’un PSE. Qu’est-ce que c’est ? À quoi ça sert ? Qu’est-ce que ça change concrètement pour les salariés ? La CFTC vous explique l’essentiel à connaître sur le plan de sauvegarde de l’emploi !

    Publié le 21. 01. 26 . Mis à jour le 20. 01. 26

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    Qu’est-ce qu’un PSE ?

    Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) est un ensemble de mesures mises en place dans une entreprise pour éviter ou limiter le recours à des licenciements économiques.


    Il comprend notamment des solutions de reclassement en faveur des salariés dont le licenciement est envisagé.

    Le PSE est-il obligatoire ?

    La mise en place d’un PSE est obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 salariés qui envisagent de licencier au moins 10 salariés sur une période de 30 jours pour motif économique (on parle alors de “grand” licenciement économique collectif). 


    Il en va de même si ces salariés sont visés par un licenciement après avoir refusé la modification d’un élément de leur contrat de travail pour motif économique.


    En dessous de ces seuils, la mise en place d’un PSE n’est pas obligatoire. L’employeur doit toutefois respecter la procédure du licenciement économique. Un PSE facultatif peut être mis en place pour encadrer le projet de réduction des effectifs. 

    À savoir

    D’autres dispositifs dits “de crise” et visant à éviter les licenciements économiques (ex. : plan de départ volontaire, rupture conventionnelle collective…) peuvent être mobilisés par les entreprises qui rencontrent des difficultés économiques ou ont besoin de se restructurer.

    Comment le PSE est-il mis en place ?

    Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) peut être mis en place :


    • soit par accord collectif (son contenu est négocié entre l’employeur et les syndicats représentatifs des salariés) ;
    • soit par décision unilatérale de l’employeur (l’employeur établit seul un document écrit par lequel il s’engage envers ses salariés). 

    La procédure diffère selon le mode de mise en place. En cas de décision unilatérale, le contenu du PSE est soumis à l’avis des représentants du personnel (CSE) et fait l’objet d’un contrôle renforcé par l’administration (DREETS)

    Attention !

    Les syndicats signataires de l’accord collectif doivent avoir recueilli au moins 50 % des suffrages exprimés au 1er tour des dernières élections professionnelles organisées dans l’entreprise. Si l’addition de leurs scores respectifs n’atteint pas ce seuil, l’accord n’est pas valide.

    Que doit contenir un PSE ?

    Quelles que soient les modalités de sa mise en place, le PSE doit obligatoirement contenir : 


    • des actions favorisant la reprise de tout ou partie des activités de l’entreprise afin d’éviter la fermeture d'un ou de plusieurs établissements ;
    • la création de nouvelles activités au sein de l'entreprise ;
    • un aménagement du temps de travail et une réduction du volume des heures supplémentaires effectuées de manière régulière dans l’entreprise ;
    • des offres de reclassement interne sur des postes relevant de la même catégorie (ou postes équivalents) basés en France, dans l’entreprise ou les autres entreprises du groupe, pour tous les salariés visés (le reclassement sur un emploi relevant d’une catégorie inférieure reste possible, à condition que le salarié donne son accord par écrit) ;
    • des actions favorisant le reclassement externe à l'entreprise (notamment via la réactivation du bassin d'emploi) ;
    • des aides à la création ou reprise d'entreprise (aides financières et/ou mesures d’accompagnement) ;
    • des actions de formation, de validation des acquis de l'expérience (VAE) ou de reconversion facilitant le reclassement interne ou externe des salariés ;
    • les conditions de mise en œuvre du contrat de sécurisation professionnelle (CSP) dans les entreprises de moins de 1 000 salariés (et les entreprises de 1 000 salariés et plus placées en redressement ou liquidation judiciaire) ou du congé de reclassement dans les entreprises de 1 000 salariés et plus ;
    • des mesures de nature à prévenir les risques psychosociaux (RPS) et à protéger la santé-sécurité des salariés ;
    • un plan de reclassement spécifique aux salariés dont l’âge, le niveau de qualification ou la situation sociale complique significativement la réinsertion professionnelle.

    À savoir

    D’autres mesures peuvent être prévues par le PSE, telles que des primes d'incitation au départ volontaire, des dispositifs de préretraite, des aides à la réalisation de projets individuels, des aménagements dédiés aux salariés en situation de handicap… Contrairement aux mesures listées précédemment, ces mesures sont facultatives. 

    Le CSE doit-il être consulté sur le PSE ?

    Lorsque le contenu du PSE est négocié avec les syndicats représentatifs des salariés dans le cadre d’un accord collectif, l’employeur n’a pas à consulter le comité social et économique (CSE) sur les mesures qui y figurent. Le CSE est uniquement consulté sur le projet de restructuration et de licenciement collectif affectant l’entreprise et ses salariés. 


    En l’absence d’accord collectif en revanche, le document unilatéral établi par l’employeur doit obligatoirement faire l’objet d’une consultation du CSE, alors amené à rendre son avis sur le contenu même du PSE.

    Qui contrôle le PSE ?

    Le PSE mis en place par accord collectif doit être transmis à la DREETS pour validation. La DREETS dispose d’un délai de 15 jours pour vérifier la régularité de la procédure et apprécier le contenu du plan. En cas de réponse négative, le PSE doit être modifié en tenant compte des observations de la DREETS, puis de nouveau soumis à sa validation. 


    Le PSE établi par décision unilatérale de l’employeur doit être transmis à la DREETS pour homologation. Ce contrôle renforcé s'effectue dans un délai de 21 jours. Si le PSE est rejeté, l’employeur doit modifier son contenu, le soumettre de nouveau à l’avis du CSE et déposer une nouvelle demande d’homologation auprès de l’administration.

    À savoir

    L’employeur doit informer la DREETS du projet de PSE (dès l’engagement des négociations en cas d’accord collectif) et lui transmettre l’ensemble des éléments relatifs au PSE à chaque étape de la procédure. À tout moment, la DREETS peut formuler des observations et propositions d’amélioration.

    Comment les salariés sont-ils informés du PSE ?

    Les salariés sont informés de la mise en place du PSE sur leur lieu de travail, par tout moyen au choix de l’employeur.


    Les éventuelles propositions de la DREETS et les réponses motivées de l’employeur doivent être communiquées aux salariés par voie d'affichage dans l’entreprise.

    Que se passe-t-il une fois le PSE validé/homologué ?

    Après validation ou homologation du PSE, l’employeur doit mettre en œuvre les mesures prévues par le plan et honorer ses engagements. Si aucune autre solution n’est possible (maintien en poste, reclassement interne, départ volontaire…), le licenciement peut être notifié au salarié. Le contrat de travail est alors rompu selon la procédure du licenciement économique.


    Outre les mesures d’accompagnement contenues dans le PSE, le salarié licencié a droit à une indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, à une allocation chômage (s’il remplit les conditions d’indemnisation), ainsi qu’à une priorité de réembauche.

    À savoir

    Dans le mois suivant la fin du déploiement des mesures de reclassement, l’employeur est tenu d’adresser à la DREETS un bilan de la mise en œuvre effective du PSE. Ce bilan doit notamment préciser le nombre de : 

    • reclassements internes ;
    • départs volontaires ;
    • licenciements pour motif économique ;
    • salariés ayant adhéré au CSP, au congé de reclassement ou au congé de mobilité ;
    • salariés ayant bénéficié d’une formation ou d’une VAE ;
    • salariés aidés dans un projet de création ou reprise d’entreprise ;
    • salariés accompagnés vers la mobilité géographique.

    L’employeur doit également y préciser la situation des salariés à l’issue du PSE : CDD ou contrat de travail temporaire de 6 mois et plus, CDD ou contrat de travail temporaire de moins de 6 mois, CDI, création ou reprise d’entreprise, formation, retraite, préretraite, recherche d’emploi, etc. 

    Peut-on contester le PSE ?

    Les salariés et les organisations syndicales représentatives ont la possibilité de contester le PSE devant le tribunal administratif. La contestation peut porter sur le contenu du PSE (accord collectif ou document unilatéral), comme sur la décision de validation ou d’homologation de la DREETS (ex. : formalisme).


    Le salarié qui souhaite contester son licenciement économique à l’issue du PSE (ex. : non-respect de la procédure du licenciement économique par l’employeur) peut saisir le conseil de prud’hommes.


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