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    3 min pour comprendre

    Violences sexuelles et agissements sexistes

    La lutte contre les différentes formes de violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) et leur prévention dans l’entreprise sont encadrées par le Code du travail et le Code pénal. Qu’est-ce qui différencie l’agression sexuelle, l’agissement sexiste et le harcèlement sexuel ? Comment les salariés qui en sont victimes sont-ils accompagnés ? Quelles sont les obligations de l’employeur en matière de VSST ? Voici l’essentiel à savoir.

    Publié le 29. 05. 26

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    Quand parle-t-on d’agression sexuelle ?

    On parle d’agression sexuelle lorsqu’un contact à caractère sexuel sans pénétration (ex. : caresses, baisers, attouchements...) est imposé par une personne à une autre sans son consentement


    Définie par le Code pénal comme toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise (art. 222-22 C. pén.), l’agression sexuelle constitue un délit. Elle se différencie du viol, qui implique une pénétration et constitue un crime. 


    Au travail, l’agression sexuelle peut être caractérisée quelle que soit la nature du lien entre les personnes impliquées (employé et supérieur hiérarchique, collègues…). 

    À savoir

    La jurisprudence considère que le baiser ne constitue pas un acte de pénétration sexuelle. Par conséquent, le baiser forcé est considéré juridiquement comme une agression sexuelle (délit), et non un viol (crime).

    Quand parle-t-on d’agissement sexiste ?

    On parle d’agissement sexiste lorsqu’un comportement, une parole ou une attitude liée au sexe d’une personne porte atteinte à sa dignité ou crée un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant (art. L. 1142-2-1 C. trav.).


    L'agissement sexiste peut être caractérisé par un seul fait ; il n'a pas à être répété. Il peut prendre des formes très variées : remarque déplacée, blague, comportement infantilisant ou excluant, etc. en lien avec le sexe de la personne.

    Attention !

    Bien que les agissements sexistes traduisent des stéréotypes et des représentations sexistes, ce sont les actes et les propos concrets qui sont sanctionnables et non les opinions en elles-mêmes (“penser n’est pas faire”), hors incitation à la haine ou à la violence.

    Les agissements sexistes au travail relèvent du Code du travail et non du Code pénal. Ils donnent lieu à des sanctions disciplinaires à l’initiative de l’employeur. 


    Toutefois, dans certains cas, ces comportements peuvent constituer des délits et être sanctionnés pénalement, notamment en cas dinjure sexiste ou d’outrage sexiste.

    Qu’est-ce que le harcèlement sexuel ?

    On parle de harcèlement sexuel lorsque des propos ou comportements répétés à connotation sexuelle ou sexiste portent atteinte à la dignité d’une personne en raison de leur caractère humiliant ou dégradant ou créent une situation intimidante, hostile ou offensante.


    Contrairement à l’agression sexuelle, le harcèlement sexuel n’implique pas nécessairement de contact physique.

    Attention !

    Toute forme de pression grave dans le but d’obtenir un acte sexuel est assimilée à du harcèlement sexuel, et ce même s’il s’agit d’un agissement unique (art. L. 1153-1 C. trav. et 222-33 C. pén.).

    Comme l’agression sexuelle, le harcèlement sexuel constitue un délit pénal


    Face à une agression sexuelle ou à un cas de harcèlement sexuel dans l’entreprise, l’employeur qui dispose de suffisamment d’éléments (propos de la victime, témoignages, dépôt de plainte…) peut engager une procédure de licenciement à l’encontre du salarié mis en cause sans être tenu de mener au préalable une enquête interne (Cass. soc. 14/01/26, n° 24-19544).

    Quelles sont les obligations de l’employeur ?

    L’employeur est tenu à une obligation légale de sécurité vis-à-vis de ses salariés (art. L. 4121-1 et 2 C. trav.). Dans le cadre de cette obligation, il doit protéger leur santé physique et mentale, notamment en prenant toutes les mesures nécessaires pour prévenir les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST), y mettre un terme et les sanctionner.


    • L’employeur est tenu d’évaluer les risques et d’agir à leur source pour prévenir leur réalisation. Cette prévention repose sur l’information, la formation et la sensibilisation des salariés comme de leurs encadrants, ainsi que sur une organisation du travail adaptée. L’employeur doit instaurer un cadre clair et protecteur, notamment via la mise en place de dispositifs internes de signalement (obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 salariés) et la désignation d’un référent harcèlement sexuel et agissements sexistes (dans les entreprises d’au moins 250 salariés).
    • Dès qu’il a connaissance de faits de violences sexistes ou sexuelles, sur signalement d’un salarié victime ou témoin ou d’un élu du CSE, l’employeur doit réagir rapidement, mener les vérifications nécessaires et prendre des mesures pour protéger la victime et éviter toute répétition des faits.
    • Si les violences sont établies, l’employeur doit prendre des mesures disciplinaires à l’encontre de leur auteur, proportionnées à la gravité des faits (mise à pied, mutation disciplinaire, licenciement pour faute grave…).

    À défaut, la responsabilité de l’employeur peut être engagée pour manquement à son obligation de sécurité. Il peut être condamné à verser des dommages-intérêts au salarié victime.

    Nouveau !

    Deux propositions de loi visant à protéger les victimes de violences sexistes et sexuelles et à renforcer les obligations des employeurs ont été déposées à l’Assemblée nationale le 02/12/2025 et le 03/03/2026. Elles sont en cours d’examen.

    Quels sont les recours du salarié victime de VSST ?

    Le salarié qui subit des violences sexistes ou sexuelles au travail peut signaler les faits à son employeur, à un supérieur ou à toute personne en mesure de recueillir son signalement dans l’entreprise (service RH, référents…). Ce signalement doit être précis, circonstancié et, dans la mesure du possible, étayé par des éléments de preuve.


    Le salarié peut également solliciter l’appui du comité social et économique (CSE), qui dispose d'un droit d'alerte en cas d’atteinte aux droits des personnes ou à leur santé. 


    En parallèle, il peut être accompagné dans ses démarches par divers professionnels formés et à son écoute (médecin du travail, Défenseur des droits, associations spécialisées…). 


    Si les faits sont établis, il peut saisir le conseil de prud’hommes à l’encontre de l’employeur pour manquement à son obligation de sécurité. Il peut aussi engager des poursuites pénales contre l’auteur des faits en déposant plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. 

    À qui s’adresser ?

    Le salarié victime ou témoin de VSST doit alerter en priorité un acteur interne à l’entreprise :

    • l’employeur ;
    • le service RH ;
    • le référent harcèlement sexuel et agissements sexistes du CSE ou de l’employeur ;
    • un élu du CSE ;
    • un délégué syndical.

    En cas d’urgence, il peut composer le 112 (numéro d’urgence européen), contacter les services de secours (Samu au 15, police/gendarmerie au 17, pompiers au 18) ou se rendre à l’hôpital le plus proche. 

    Pour un accompagnement extérieur et gratuit, il peut notamment solliciter :

    • l’inspection du travail ;
    • le médecin du travail ;
    • le Défenseur des droits ;
    • le 116 006 (numéro d’aide aux victimes d’infractions) ;
    • le 3919 (numéro d’aide aux femmes victimes de violences).

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