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    3 min pour comprendre

    Égalité professionnelle femmes-hommes

    L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes est garantie par la loi : les salariés ne peuvent faire l’objet d’aucune inégalité de traitement ni discrimination en raison de leur sexe, que ce soit en matière d’embauche, de rémunération, d’évolution de carrière... À quelles obligations est tenu l’employeur ? Quels sont les outils mis en place pour mesurer et garantir l’égalité professionnelle dans les entreprises ? On vous explique l’essentiel !

    Publié le 29. 09. 23 . Mis à jour le 09. 11. 23

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    Égalité femmes-hommes au travail : quelles obligations pour l’employeur ?

    Le principe d’égalité femmes-hommes au travail implique : 


    • l’interdiction des discriminations en matière d’embauche, de rémunération, de formation, de déroulement de carrière…
    • l’information et la consultation des représentants du personnel (avec notamment la mise à disposition des données relatives à l’égalité professionnelle dans la BDESE) ;
    • l’instauration de mesures préventives contre le harcèlement sexuel dans l’entreprise. 

    L’employeur qui ne respecte pas l’égalité entre les femmes et les hommes s’expose à des sanctions civiles et pénales.

    Que dit la loi

    “Nul ne doit subir d'agissement sexiste, défini comme tout agissement lié au sexe d'une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant.” (article L. 1142-2-1 du Code du travail)

    Égalité à l’embauche : quelles interdictions ?

    Il est interdit de mentionner dans une offre d’emploi le sexe ou la situation familiale du candidat recherché. De même, il est interdit de tenir compte du sexe ou de la situation familiale comme critère de recrutement. L’employeur ne peut pas non plus refuser d’embaucher une femme en considération de sa grossesse.

    À savoir

    Ces interdictions ne sont toutefois pas applicables lorsque le recrutement d’un candidat de l’un ou l’autre sexe répond à une exigence professionnelle essentielle liée à la nature même du métier exercé (artiste, mannequin…), sous réserve que le but poursuivi soit légitime et l’exigence proportionnée. Certains emplois peuvent également être interdits aux femmes en raison de leur dangerosité.

    Égalité de rémunération et de déroulement de carrière : quelles règles ?

    La loi interdit toute différenciation de rémunération basée sur le sexe des salariés. L’employeur est tenu d’appliquer l’égalité salariale entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de valeur égale.


    De même, l’appartenance sexuelle ne peut constituer un motif ou critère en matière de formation, classification, promotion, mutation, congé, sanction disciplinaire ou licenciement. Aucune décision de l’employeur, ni aucune clause négociée au niveau de l’entreprise ou de la branche, ne peut être fondée sur le sexe des salariés.

    À savoir

    Ces règles ne s’opposent toutefois pas à la mise en place de mesures temporaires au seul bénéfice des femmes (ex. : une demi-journée de repos accordée aux salariées d’une entreprise à l’occasion du 8 mars), ni au déploiement de dispositifs visant à faire progresser l’égalité des chances dans l’entreprise (ex. : le contrat pour la mixité des emplois et l’égalité professionnelle).

    Index de l’égalité professionnelle : quels indicateurs ? quelle note minimale ?

    Les entreprises d’au moins 50 salariés ont l’obligation de calculer et de publier chaque année leur index de l’égalité professionnelle. Sous la forme d’une note sur 100, cet index rend compte des écarts de salaire dans l’entreprise et des actions mises en œuvre pour les réduire. Il est calculé à partir de 4 ou 5 indicateurs (en fonction de la taille de l’entreprise) comptant chacun pour une partie de la note : 


    • l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes ;
    • l’écart de répartition des augmentations individuelles ; 
    • l’écart de promotion (uniquement dans les entreprises d’au moins 250 salariés) ; 
    • le nombre de salariées dont la rémunération a été augmentée à leur retour de congé maternité ;
    • la parité parmi les 10 plus hautes rémunérations.

    Si la note globale obtenue est inférieure à 75/100, l’employeur a 3 ans pour se mettre en conformité. Des mesures de correction et éventuellement un plan de rattrapage financier doivent être discutés lors de la négociation sur l’égalité professionnelle. L’employeur qui ne réagit pas ou prend des mesures insuffisantes encourt une pénalité financière (jusqu’à 1 % de la masse salariale). 


    Si la note globale est inférieure à 85/100, la négociation sur l’égalité professionnelle doit fixer des objectifs de progression pour chacun des indicateurs n’ayant pas obtenu le score maximal.


    L’index de l’égalité professionnelle (note globale + indicateurs) doit être publié sur le site Internet de l’entreprise avant le 1er mars de chaque année, ou, en l’absence de site, porté à la connaissance des salariés par tout moyen. Il doit aussi être transmis au comité social et économique (CSE) via la BDESE, ainsi qu’au ministère du Travail, qui le rend public sur son site avant le 31 décembre.

    Représentation équilibrée dans les équipes dirigeantes : quelles nouveautés ?

    Depuis le 1er mars 2022, les entreprises d’au moins 1 000 salariés doivent publier sur leur site Internet, avant le 1er mars de chaque année, les écarts de représentation entre hommes et femmes parmi leurs cadres dirigeants et les membres de leurs instances dirigeantes.


    Depuis le 1er mars 2023, ces écarts doivent aussi être rendus publics chaque année sur le site du ministère du Travail, avant le 31 décembre. 


    Les écarts de répartition doivent par ailleurs figurer dans la BDESE.

    À savoir

    À compter du 1er mars 2026, la part de femmes dans les équipes dirigeantes devra atteindre 30 % (puis 40 % au 1er mars 2029). Les entreprises devront fixer, dans le cadre de la négociation collective obligatoire, les mesures de correction pour atteindre cet objectif.

    À compter du 1er mars 2029, les entreprises qui ne rempliront pas l'objectif fixé par la loi auront 2 ans pour se mettre en conformité, faute de quoi elles auront une pénalité financière.

    Égalité professionnelle : une négociation obligatoire ?

    Dans les entreprises où il existe au moins un syndicat représentatif (ayant désigné un délégué syndical), l’employeur est tenu d’engager une fois par an (ou au minimum une fois tous les 4 ans si un accord collectif a été conclu) :


    • une négociation sur la rémunération, le temps de travail et le partage de la valeur ajoutée dans l’entreprise ;
    • une négociation sur l’égalité professionnelle femmes-hommes (notamment sur les mesures visant à supprimer les écarts de salaire) et la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT). 

    Si aucun accord n’est trouvé à l’issue de la négociation, l’employeur doit établir un plan d’action destiné à assurer l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

    Nouveau

    Depuis l’arrêt de la Cour de cassation n° 21-12492 du 08/03/2023, le conseil de prud’hommes peut ordonner la communication de bulletins de salaire d'autres salariés pour établir l'inégalité de traitement.

    Non-respect de l’égalité professionnelle : quels recours pour le salarié ? quelles sanctions pour l’employeur ?

    Le non-respect de l’égalité femmes-hommes au travail constitue une discrimination, c’est-à-dire une inégalité de traitement fondée sur un critère illicite et relevant d’un domaine visé par la loi. Le salarié qui en est victime peut saisir :


    • l’inspecteur du travail, compétent pour veiller à l’application des dispositions du Code du travail et constater les infractions ;
    • le défenseur des droits, compétent pour lutter contre les discriminations et promouvoir l’égalité ;
    • le conseil de prud’hommes, qui peut prononcer des sanctions civiles et permettre au salarié d’obtenir réparation, avec notamment l’annulation de la mesure discriminatoire (sanction disciplinaire, licenciement…) et le versement de dommages-intérêts ;
    • le tribunal correctionnel, qui peut prononcer des sanctions pénales (peine d’emprisonnement, amende…). 

    D’autres sanctions, telles que des pénalités financières, sont prévues à l’encontre de l’employeur qui ne respecte pas ses obligations, notamment en l’absence d’accord d’entreprise ou de plan d’action destiné à garantir l’égalité professionnelle entre tous les salariés.

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